Comprendre la quantité en matière d'éléments probants
La quantité renvoie au volume d'éléments probants collectés : combien d'éléments ont été testés, quelle était la taille de l'échantillon, ou combien de procédures ont été mises en œuvre.
En pratique, face à la pression du temps, à la crainte des constats d'inspection et à des missions à haut risque, l'auditeur augmente souvent la taille des échantillons ou ajoute des procédures « par sécurité ».
Si une quantité accrue est parfois nécessaire, la quantité seule n'accroît pas l'assurance d'audit si elle ne répond pas efficacement au risque.
En audit, plus d'éléments probants ne signifie pas automatiquement de meilleurs éléments probants.
Comprendre la qualité des éléments probants
La qualité renvoie à la pertinence et à la fiabilité de l'élément probant. Un élément de qualité :
Par exemple :
Une procédure solide et bien ciblée apporte souvent plus d'assurance que des dizaines de tests mal calibrés.
C'est la qualité qui commande la quantité, et non l'inverse.
Pourquoi « plus » ne vaut pas toujours mieux. La quantité ne compense pas une qualité insuffisante
L'une des idées fausses les plus répandues en audit est de croire que plus d'éléments probants signifie automatiquement de meilleurs éléments probants. En réalité, l'auditeur se voit souvent reprocher, lors d'inspections, non d'avoir obtenu trop peu d'éléments, mais d'avoir obtenu les mauvais. Cette tension entre quantité et qualité des éléments probants est au cœur de bien des échecs d'audit, des critiques des régulateurs et des désaccords professionnels.
En audit, c'est la qualité qui doit commander la quantité. Accumuler de la documentation ne renforce pas, en soi, la conclusion d'audit.
Un écueil fréquent consiste à compenser la faiblesse des éléments probants en en accumulant davantage. C'est une erreur, pour plusieurs raisons :
La réalité professionnelle
Un élément probant de qualité, souvent :
Pourtant, un audit surchargé de documentation révèle souvent :
Le jugement professionnel impose de se demander quels éléments probants sont nécessaires, non combien on peut en réunir.
Un audit bien conçu privilégie des éléments probants pertinents et fiables, et n'augmente la quantité que si le risque le justifie.